Lettre au ministre Alain Juppé

La CFTC-FAE-MAEE a écrit le 4 mars 2011 au ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes, M. Alain Juppé, pour lui souhaiter la bienvenue et lui faire part des préoccupations et des priorités des agents qu’elle représente.

1) En matière de déontologie et de répartition des responsabilités, à la lumière des événements récents, qui ont renvoyé une image déformée du métier et de l’engagement des agents du ministère, rappel du principe fondamental suivant lequel la communication du ministère sur la politique étrangère d’une part, et la communication personnelle ou politique du ministre, tout aussi légitime mais qui ne saurait relever des services du ministère, doivent rester soigneusement distinguées. Il s’agit de prévenir toute confusion qui serait incompatible avec le principe d’indépendance des fonctionnaires dans les institutions républicaines.

2) Au-delà et en vue de la nécessaire rénovation des méthodes de communication du ministère pour mieux faire valoir nos compétences à l’appui de la politique étrangère et de l’image que les agents donnent et ont d’eux-mêmes qui constitue un des premiers ressorts de leur motivation, de leur confiance dans l’institution et dans l’avenir, et donc de leur performance :

  • faire parler régulièrement en « on », sur les sujets de leur compétence, les responsables ou les experts sectoriels de l’administration centrale comme des missions à l’étranger dans les médias étrangers mais aussi français ;
  • organiser dès ce printemps une nouvelle journée portes ouvertes permettant aux agents de s’exprimer auprès du grand public sur l’ensemble des métiers très variés du ministère, reprenant la formule testée avec succès, malgré le peu de publicité qui l’avait entourée, lors de son unique édition en 2009 ;
  • donner la parole aux bénéficiaires du service public que nous rendons.

3) Sur les réformes déjà engagées au titre de la révision générale des politiques publiques, que nous considérons comme pleinement justifiée dans la situation que connaissent aujourd’hui notre économie et les finances publiques, nous relevons les points de vigilance suivants et formulons plusieurs propositions :

  • le chantier d’une véritable revue des organigrammes fonctionnels, de l’articulation interservices (en particulier DGP-DGM-DUE-SGAE) et des effectifs de l’administration centrale (DGA notamment) reste à ouvrir et est prioritaire, tandis que la pression sur les postes à l’étranger, surtout les plus petits d’entre eux, doit cesser ;
  • la maîtrise durable des effectifs globaux des cabinets ministériels est essentielle au bon fonctionnement et à la responsabilisation des services ;
  • les méthodes de travail (rationalisation des commandes, gains d’efficacité et définition des priorités, désignation claire des chefs de file, valorisation et contrôle de la qualité du management, respect des horaires de travail légaux, élimination des obstacles à l’égalité des chances et à l’égalité hommes-femmes) doivent évoluer avec les effectifs sauf à placer les agents dans des impasses.

4) Alerte sur des dossiers clés à réévaluer dès que possible :

  • archives diplomatiques : urgence à renoncer au projet de regroupement à Paris des archives historiques ; les archives du dépôt loué d’Orvault peuvent être transférées dans les anciens magasins (vides) jouxtant le centre des archives diplomatiques de Nantes. Cette solution économique et rationnelle permettrait de maintenir cette unité scientifique et son réseau, ses locaux neufs (extension construite en 1994-95) et cette ressource complémentaire des archives de La Courneuve (administration centrale) qui est un gage de sécurité en cas de destruction accidentelle ; réflexion sur la location d’espaces temporairement disponibles à La Courneuve, par exemple au ministère de la défense qui est demandeur ;
  • politique immobilière et travaux à Paris : à remettre à plat pour assurer sa fiabilité juridique et technique et sa compatibilité avec les règles d’hygiène et de sécurité qui protègent les agents sur leur lieu de travail ;
  • statuts et gestion du personnel : nécessité de créer un corps unique en catégorie A, de tirer pleinement partie du nouvel espace statutaire pour les agents de catégorie B, de poursuivre la restructuration et la fonctionnalisation des rémunérations pour la catégorie C et de mettre en place pour tous un barème de points de nature à étayer objectivement les décisions individuelles de promotion et d’affectation des titulaires et de renouvellement ou de CDIsation pour les contractuels ; sécurisation des concours ministériels par l’adossement de leur organisation à des organismes interministériels (ENA, fonction publique).
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