Première réunion avec le ministre, M. Alain Juppé
A l’occasion de sa première réunion avec M. Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et européennes, le 19 mai 2011, la CFTC-FAE-MAEE a, dans sa ligne de sa défense de l’humain dans le travail comme principe intangible et facteur de performance collective et en complément des analyses et propositions formulées lors de la rencontre de février avec sa prédécesseure et dans le courrier adressé à M. Juppé le 4 mars (auquel il avait répondu), insisté sur les dangers menaçant les agents et l’institution et requérant des actions immédiates.
Nous sommes en effet le ministère des plus vastes horizons, des plus larges possibles et donc des plus grands risques. Il appartient au chef de l’administration de prendre les mesures de sauvegarde nécessaires pour maîtriser ces risques et préserver, dans la durée, la confiance, la mobilisation (qu’il a soulignée) et l’efficacité de notre collectivité de travail. L’équité et la transparence des décisions, le respect des principes et des règles, la rigueur des contrôles pouvaient seuls, dans la tourmente de la mise en œuvre des réformes, redonner aux agents la sérénité sans laquelle ils ne pourraient, malgré les défis du monde et du service public, maintenir leur cohésion et leur niveau d’engagement.
- Parcours professionnels : la CFTC-FAE-MAEE demande l’ouverture d’un dialogue avec l’administration sur la manière de rendre transparente et objective les décisions individuelles (promotions, affectations, renouvellements de contrats, CDIsations, titularisations). D’autres modes de fonctionnement existent. Ne pas y travailler, c’est refuser de sortir de l’opacité et des jeux d’influence qui nuisent à la crédibilité des décisions prises et affectent profondément les agents.
- Méthodes de travail : la CFTC-FAE-MAEE demande au ministre d’Etat de donner des instructions fermes à ses collaborateurs et à l’encadrement qui, face à l’avalanche des tâches et des commandes, doivent être des filtres, capables de calibrer les réponses et de protéger les agents, et non de simples transmetteurs, accélérateurs et alourdisseurs d’ordres. Il est essentiel plus largement que l’encadrement à tous les niveaux soit contrôlé efficacement, y compris dans les postes les plus reculés, que toute dérive soit immédiatement sanctionnée et que les agents ne soient jamais à la merci de l’autoritarisme ou de toute autre déviance.
- Environnement de travail : la CFTC-FAE-MAEE demande au ministre de suspendre tout projet immobilier sur le quai d’Orsay (hors rénovation de l’hôtel du ministre) et de renoncer au transfert des archives historiques de Nantes à La Courneuve. Le patrimoine immobilier du ministère excite des convoitises. Il est donc de la plus haute importance que l’autorité politique s’assure elle-même que les décisions en matière de travaux, de cessions et d’aménagement des espaces dans lesquels les agents travaillent ne soient pas prises dans l’intérêt du marché ou de prestataires hors de tout contrôle mais bien exclusivement dans celui du bien-être et de l’efficacité au travail des agents.
Le ministre d’Etat a confirmé en réponse à la CFTC-FAE-MAEE qu’il fallait porter remède à l’autoritarisme et à l’opacité des décisions et a instruit l’administration d’œuvrer en ce sens. Il a émis le vœu que de semblables réunions de dialogue social soient programmées deux ou trois fois par an.

